
🧘 STYLES DE YOGA · 4 MIN DE LECTURE
Le verre d’eau : un conte bouddhiste sur la compassion et l’étude de soi
Par Manon, professeure de yoga à Siem Reap · 25 octobre 2026
Si quelqu’un te bouscule alors que tu tiens un verre d’eau, ce qui se renverse, c’est ce qu’il y avait dans ton verre. Un conte simple qui m’inspire pour parler de l’étude de soi, un fondement du yoga, et de la compassion.
Aujourd’hui, je te propose d’explorer l’étude de soi, l’un des fondements du yoga. Et pour ça, je suis inspirée par un conte bouddhiste.
Si tu tiens un verre d’eau et que quelqu’un te bouscule, ce qui se renverse, c’est ce qu’il y avait dans ton verre.
Ça paraît simple. Mais écoute encore.
Ce qui se renverse
Ici, le sujet n’est pas le fait d’être bousculée. C’est ce que ça vient renverser.
La vie nous bouscule constamment. Une remarque, un imprévu, un conflit, une fatigue. Et ce qui sort de nous à ce moment-là, la colère, la jalousie, la tristesse, ça ne vient pas de l’autre. Ça vient de ce qu’on portait déjà.
Le yoga nous invite à questionner : qu’y a-t-il dans mon verre ?
L’étude de soi en yoga
Dans la philosophie du yoga, l’étude de soi s’appelle svadhyaya. Elle fait partie des principes de vie décrits dans les Yoga Sutras, ce texte ancien qui pose les fondations du yoga.
L’étude de soi, ce n’est pas se juger. C’est s’observer avec curiosité :
- qu’est-ce qui me fait réagir aussi fort ?
- qu’est-ce que je protège ?
- d’où vient cette émotion ?
Sur le tapis, on la pratique déjà : on observe ses sensations, ses résistances, ses pensées pendant une posture. Petit à petit, ce regard s’étend à la vie.
Et si on mettait de la compassion dans le verre ?
La compassion est souvent associée à de la faiblesse. Comme si être compatissante voulait dire tout accepter, se laisser marcher dessus.
Pour moi, c’est tout l’inverse. La compassion, ce sont des actions qui ouvrent le cœur. Faire tomber les protections, les armures, tout ce qui entretient la séparation entre moi et l’autre.
Ce que je garde dans le verre, je le protège. Je le projette. Et je le renverse si on m’agresse. Alors je choisis de m’ouvrir, avec courage et avec douceur.
Commencer par soi
La compassion commence souvent par soi. On est parfois si dure avec nous-mêmes : « je n’aurais pas dû réagir comme ça », « je suis nulle ».
Reconnaître ce qui tremble en nous, se connaître vraiment, c’est commencer à guérir. Et à aimer encore plus grand.
Mes pistes pour pratiquer l’étude de soi
1. Après une réaction forte, faire une pause
Demande-toi simplement : qu’est-ce qui s’est renversé ? Et qu’est-ce que ça dit de moi ?
2. Écrire quelques lignes le soir
Une émotion de la journée, ce qui l’a déclenchée, ce qu’elle protégeait.
3. Observer sur le tapis
Dans une posture inconfortable, note ce qui se passe : envie de fuir, impatience, jugement. C’est une fenêtre sur ton verre.
4. Remplacer le jugement par la curiosité
« Tiens, intéressant » plutôt que « encore une fois ».
5. Offrir un geste de compassion par jour
À toi ou à quelqu’un d’autre. Un mot doux, une patience, un sourire.
Une pratique pour ouvrir le cœur (12 minutes)
- Assise, une main sur le cœur (2 minutes) : demande-toi « qu’y a-t-il dans mon verre aujourd’hui ? ».
- Chat-vache (2 minutes) : réveille ta colonne.
- Sphinx (2 minutes) : ouvre doucement la poitrine.
- Pont (2 minutes) : trois montées et descentes lentes, puis tiens.
- Posture de l’enfant (2 minutes) : accueille.
- Relaxation (2 minutes) : envoie une pensée bienveillante à toi, puis à quelqu’un.
Remplir son verre autrement
Si ce qui se renverse dépend de ce qu’on porte, alors on peut aussi choisir, petit à petit, ce qu’on met dans son verre.
Ça ne veut pas dire faire semblant de ne jamais être en colère ou jalouse. Ces émotions font partie de nous, et il est important de les reconnaître. Mais on peut aussi nourrir autre chose : de la patience, de la douceur, de la gratitude, de la compréhension.
Chaque pratique de yoga, chaque respiration consciente, chaque moment où tu choisis d’observer plutôt que de réagir ajoute quelques gouttes de calme dans ton verre. Et le jour où la vie te bouscule, ce qui se renverse est un peu différent.
Les principes de vie du yoga
L’étude de soi fait partie d’un ensemble de principes que le yoga propose pour vivre en harmonie. On y trouve par exemple la non-violence, envers soi et les autres, la sincérité, la modération, la discipline bienveillante.
Ces principes ne sont pas des règles à respecter parfaitement. Ce sont des repères, des invitations à observer comment on vit. Le yoga est d’abord une philosophie, un mode de vie pour cultiver l’harmonie physiquement et mentalement. Les postures n’en sont qu’une porte d’entrée.
Tes questions
Faut-il être bouddhiste pour pratiquer cette réflexion ?
Pas du tout. Le conte du verre d’eau est une image universelle. Chacun peut l’utiliser pour mieux se comprendre, quelle que soit sa culture ou ses croyances.
Qu’est-ce que svadhyaya en yoga ?
C’est l’étude de soi : s’observer avec curiosité et sans jugement, sur le tapis comme dans la vie.
La compassion, est-ce accepter tout ?
Non. On peut être compatissante et poser des limites claires. La compassion ouvre le cœur, elle ne demande pas de s’oublier.
Comment le yoga aide-t-il à mieux se connaître ?
En t’apprenant à observer tes sensations, tes émotions et tes pensées, posture après posture.
Reconnaître ce qui tremble, se connaître vraiment, c’est commencer à guérir et à aimer encore plus grand.
Sur VIVANTE, je t’invite à des pratiques qui relient le corps et la philosophie du yoga. Essaie gratuitement pendant 7 jours.
QUI EST MANON ?
Manon, fondatrice de Manon Yoga Union, est professeure de yoga à Siem Reap, au Cambodge. Avec VIVANTE, elle transmet un yoga simple, doux et sincère, à pratiquer chez toi, 15 minutes par jour.
★★★★★ 5,0 sur Google — voir les avisSans carte bancaire · ✓ Sans engagement